Au sein d'une architecture du patrimoine rural et industriel d'un autre temps,
l'atelier de fabrication du papier de paille où était traitée autrefois la pâte à papier de Malherbeaux.

La papeterie de Vaux.

Après un lacet sur la route de Saint-Cyr apparaît la grande cheminée du haut fourneau de l'ancienne forge de Vaux.

 

Située sur le ruisseau des "Belles Dames", elle rappelle le temps jadis où au XVIIIème siècle on y coulait la fonte pour la manufacture d'armes de Tulle.

Le site restauré de belle façon est aujourd'hui un écomusée européen du papier de paille.
Ouvert au public, à quelques minutes de Payzac, il mérite le détour.

 

Voici une rapide synthèse de son histoire.

Les dernières décennies du XIXème siècle sont marquées par la modernisation de la mécanisation industrielle et annoncent le déclin des forges tout au long de la rivière Auvézère.

Au sein de cette vallée pittoresque l'expansion se traduit par l'évolution des forges.

C'est ainsi qu'à Malherbeaux et à Vaux, sous l'impulsion de Jean Ragot les forges sont reconverties et transformées :

- la première en moulin de pâte à papier, elle utilisait le seigle fourni par les fermes avoisinantes,

- la seconde en papeterie, elle produisait du papier de paille.

A Malherbeaux, la paille de seigle est hachée, mélangée à de la chaux elle séjourne en immersion dans des fosses, avant d'être broyée par des meules en granit qui la transforme en pâte à papier.

Cette pâte est acheminée à Vaux par des charrettes à bœufs.

Ce tandem, fonctionnera jusqu'en 1968.

Les meules en granit.

Léon Ragot

Originaire de Saint-Léonard de Noblat, le papetier Jean Ragot achète les sites de Malherbeaux et de Vaux en 1893.

A Vaux, il optimise et modernise la papeterie afin d'améliorer la production du papier de paille de seigle qui à l'époque est exporté jusque dans les colonies jusqu'à l'aube de la seconde guerre mondiale.

La fin des années cinquante marque le déclin du marché du papier de paille de seigle.

Héritier de son père, Léon Ragot, avec beaucoup de persévérance permettra à son entreprise de fonctionner jusqu'en 1968 date à laquelle il stoppera définitivement la production de sa papeterie.

Fin XIX ème siècle, une scène de la moisson du seigle dans la campagne près de Payzac. . . . . . . . . . . . Courtoisie : La Forme ronde

Construits par les fonderies voisines du Limousin, ces bacs de la marque NEXON recevaient la pâte à papier de paille en provenance de Malherbeaux.
La pâte était brassée par des batteurs entraînés par un système de poulies et de courroies grâce à la force hydraulique transmise par les roues à augets.
La fluidité était obtenue par un apport d'eau et le mouvement incessant de ces batteurs. Un cheminement complexe permettait de conserver la pâte homogène.

La Forme ronde.

 

En 1861, ce système ingénieux pour l'époque était unique en France et en Europe.

La pâte en provenance des cuves de malaxage se déposait sur toute la surface de ce cylindre.

Le feutre et la feuille de papier.

 

La pâte était ensuite pressée sur des rouleaux et acheminée sur les feutres pour la déshumidifier et former ainsi la feuille de papier.

Le séchage.

 

C'est une étape importante dans la fabrication du papier.

La feuille de papier entraînée par un autre tapis de feutre passait au dessus de cylindres chauffants ce qui permettait son séchage.

Ces cylindres étaient chauffés par la vapeur d'eau provenant d'une chaudière.

La machine à vapeur.

 

Dans une salle attenante, les chaudières à charbon fournissaient la vapeur d'eau qui permettaient le séchage du papier.

Elles nécessitaient une attention accrue, la pression, la température devaient être quasi constantes.

 

L'une de ces machines à vapeur fut transportée de Lyon à Vaux par traction animale. . .

Lors de la visite, vous assistez à une démonstration de fabrication du papier de paille.

 

 

Clin d'oeil :

Cette démonstration rend grands-mères et grands-pères très attentifs . . .

 

Les roues à augets.

Près de deux ans séparent ces clichés.

Août 2009, à droite, enfin, la seconde roue tourne, à la grande satisfaction des responsables et pour le grand plaisir des visiteurs.

A déceler :
- une différence existe dans ces deux photos, elle permet la rotation de la roue . . .

A vous de trouvez ?

 

Monsieur le conservateur de la papeterie de Vaux.

Le pot à graisse et son pinceau sont les outils authentiques découverts par Pierre Thibaud lors de sa première visite des lieux.

Ces outils ont très certainement servi au stockage des rouages dans l'atelier. Sans aucun doute cet entretien à l'automne 1968 a contribué au maintien et à la conservation en parfait état des machines après leur arrêt définitif.

 

A l'époque, sans ces précautions et l'esprit de préservation du propriétaire, Monsieur Léon Ragot, sa papeterie aujourd'hui ne serait plus.

Merci à lui.

 

L'association "La Forme ronde" lui rend hommage en maintenant son patrimoine en excellent état de conservation et en l'ouvrant au public.

Dans cette étroite vallée de l'affluent de l'Auvézère sur les berges du ruisseau des belles Dames, l'écomusée de la papeterie de Vaux vous accueille dans un espace de plus de 800m².

 

Cet écomusée classé M.H. a reçu le prix du patrimoine.

Maquette de la papeterie à Vaux.

Photo des personnels de l'époque

Lors de la visite commentée de belle façon par les membres de l'association le temps se fige.

Imaginons, ce qu'était à l'aube du XXème siècle le labeur de ces femmes et de ces hommes ?
Ils œuvraient déjà en horaires décalés, soit 2x10 heures par jour et cela en harmonie avec leur patron . . .

 

A méditer . . .

Le temps c'est figé à Vaux en 1968.

La révolution de la mécanisation dans notre région à cettte époque était palpable et bien réelle mais le monde a évolué vite, trop vite, pour nos campagnes éloignées de tout moyen de locomotion rapide vers les grandes métropoles.

Cette modeste page pourrait bien sur être plus étoffée, mais :

pour se replacer dans le temps et ressentir ce que vivait les ouvriers de la papterie rien ne vaut la visite admirablement commentée par monsieur le conservateur ou l'une de ses collaboratrices.

Allez-y ! . . .

Courtoisie : La Forme ronde

 

 

 

Autre curiosité du village de Vaux,
les granges ovalaires.

 

A découvrir

Les granges

C'était au printemps 2007,

 

merci, Pierre de m'avoir permis
de faire cette photo.

 

 

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